Munich

Robert Harris

Septembre 1938. La paix vacille en Europe. Hitler se prépare à envahir la Bohême pour « porter secours à la minorité allemande des Sudètes » ! A Londres, le Premier ministre Neville Chamberlain, qui a rencontré le chancelier à deux reprises, n'abandonne pas l'espoir d'un règlement pacifique de la crise malgré les déclarations très belliqueuses du Führer. Mais son secrétaire particulier, Hugh Legat, reçoit un message alarmant d'Allemagne : le texte d'une directive secrète du dictateur concernant une guerre imminente et générale en Europe. Ce message émane d'un ancien condisciple de Legat à Oxford, Paul von Hartmann, haut fonctionnaire de la Wilhelmstrasse. Au péril de sa vie – il fait partie de la résistance à l'ordre nazi et est menacé par la SS et la Gestapo –, il supplie le Premier ministre de l'entendre : les Sudètes ne sont qu'un prétexte et une répétition générale. Mais Hitler ayant invité les chefs de gouvernement britannique, français et italien à conférer avec lui à Munich, Chamberlain est décidé à ce que personne l'empêche de se mettre d'accord avec le maître de l'Allemagne... Lire la suite

368 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 154x240

EXTRAIT

Le mardi 27 septembre 1938, peu avant treize heures, M. Hugh Legat, des services diplomatiques de Sa Majesté, fut conduit à sa table près d'une des hautes fenêtres du restaurant du Ritz de Londres, commanda une demi-bouteille de Dom Pérignon 1921 qu'il ne pouvait pas se permettre, replia son exemplaire du Times à la page dix-sept et se remit à lire pour la troisième fois le discours qu'avait prononcé la veille au soir Adolf Hitler au Sportpalast de Berlin.
Discours de Herr Hitler – Dernier avertissement à Prague – La paix ou la guerre ?
Legat jetait de temps en temps un regard en direction de l'entrée, à l'autre bout de la salle. Peut-être était-ce son imagination, mais il avait l'impression que les convives, et même les serveurs qui allaient et venaient sur la moquette entre les sièges tapissés de vieux rose, manquaient étonnamment d'entrain. Aucun rire ne se faisait entendre. Etouffés par l'épais panneau de verre, une quarantaine ou une cinquantaine d'ouvriers, dont certains étaient torse nu sous la pluie, creusaient des tranchées dans Green Park.
Que le monde le sache bien, à l'heure actuelle, ce n'est plus un Führer ou un homme qui parle, c'est le peuple allemand. Quand je m'adresse au peuple allemand, en cette seconde, soixante-dix millions d'Allemands sont unis dans ma parle (Heil).
Il l'avait écouté en direct sur la BBC. Métallique, implacable, menaçant, tour à tour irrité et fanfaron – affreusement impressionnant –, le discours avait été ponctué par les coups que la main du Führer assenait sur le pupitre et par les acclamations des quinze mille voix de l'assistance. Le bruit semblait inhumain, surnaturel. On aurait dit qu'il émanait d'une ténébreuse rivière souterraine et se déversait par le haut-parleur.
Je suis reconnaissant à M. Chamberlain pour ses efforts. Je lui ai assuré que le peuple allemand veut la paix. Et je lui ai donné l'assurance, et je le répète, que lorsque le problème sudète sera résolu, il n'y aura pas d'autres problèmes territoriaux en Europe.
Legat sortit son stylo à plume et souligna le passage, puis il fait de même avec une autre référence antérieure à l'accord naval anglo-germanique :
Un tel accord n'est moralement justifié que si les deux peuples se promettent de ne pas faire la guerre l'un contre l'autre. L'Allemagne est animée de cette volonté. Nous espérons que triompheront en Angleterre ceux qui sont animés des mêmes sentiments.

Chapeau

Quand les enjeux sont si grands, qui êtes-vous prêt à trahir ? Vos amis, votre famille, votre pays ou votre conscience ?

Citation presse

The New York Times : Robert Harris, dans un thriller extrêmement maîtrisé, retrace les jours qui ont mené à ces accords fatals.#xA;#xA;The Times : Dans son premier thriller Fatherland, Robert Harris avait volontairement tenu à l'écart de son histoire un Hitler vieillissant et malade. Dans Munich au contraire le voilà qui marche, parle et s'emporte. Par cette reconstitution du personnage, Harris redonne vie à la grande histoire ; il y rapporte des détails frappants qui rendent son récit captivant !#xA;#xA;The Guardian : Un aperçu saisissant de ce qu'aurait pu être une issue différente à la rencontre entre Hitler et Chamberlain en 1938.#xA;#xA;

Citation texte

The New York Times : Robert Harris, dans un thriller extrêmement maîtrisé, retrace les jours qui ont mené à ces accords fatals.

The Times : Dans son premier thriller Fatherland, Robert Harris avait volontairement tenu à l'écart de son histoire un Hitler vieillissant et malade. Dans Munich au contraire le voilà qui marche, parle et s'emporte. Par cette reconstitution du personnage, Harris redonne vie à la grande histoire ; il y rapporte des détails frappants qui rendent son récit captivant !

The Guardian : Un aperçu saisissant de ce qu'aurait pu être une issue différente à la rencontre entre Hitler et Chamberlain en 1938.

Extrait

Le mardi 27 septembre 1938, peu avant treize heures, M. Hugh Legat, des services diplomatiques de Sa Majesté, fut conduit à sa table près d'une des hautes fenêtres du restaurant du Ritz de Londres, commanda une demi-bouteille de Dom Pérignon 1921 qu'il ne pouvait pas se permettre, replia son exemplaire du Times à la page dix-sept et se remit à lire pour la troisième fois le discours qu'avait prononcé la veille au soir Adolf Hitler au Sportpalast de Berlin.
Discours de Herr Hitler – Dernier avertissement à Prague – La paix ou la guerre ?
Legat jetait de temps en temps un regard en direction de l'entrée, à l'autre bout de la salle. Peut-être était-ce son imagination, mais il avait l'impression que les convives, et même les serveurs qui allaient et venaient sur la moquette entre les sièges tapissés de vieux rose, manquaient étonnamment d'entrain. Aucun rire ne se faisait entendre. Etouffés par l'épais panneau de verre, une quarantaine ou une cinquantaine d'ouvriers, dont certains étaient torse nu sous la pluie, creusaient des tranchées dans Green Park.
Que le monde le sache bien, à l'heure actuelle, ce n'est plus un Führer ou un homme qui parle, c'est le peuple allemand. Quand je m'adresse au peuple allemand, en cette seconde, soixante-dix millions d'Allemands sont unis dans ma parle (Heil).
Il l'avait écouté en direct sur la BBC. Métallique, implacable, menaçant, tour à tour irrité et fanfaron – affreusement impressionnant –, le discours avait été ponctué par les coups que la main du Führer assenait sur le pupitre et par les acclamations des quinze mille voix de l'assistance. Le bruit semblait inhumain, surnaturel. On aurait dit qu'il émanait d'une ténébreuse rivière souterraine et se déversait par le haut-parleur.
Je suis reconnaissant à M. Chamberlain pour ses efforts. Je lui ai assuré que le peuple allemand veut la paix. Et je lui ai donné l'assurance, et je le répète, que lorsque le problème sudète sera résolu, il n'y aura pas d'autres problèmes territoriaux en Europe.
Legat sortit son stylo à plume et souligna le passage, puis il fait de même avec une autre référence antérieure à l'accord naval anglo-germanique :
Un tel accord n'est moralement justifié que si les deux peuples se promettent de ne pas faire la guerre l'un contre l'autre. L'Allemagne est animée de cette volonté. Nous espérons que triompheront en Angleterre ceux qui sont animés des mêmes sentiments.

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