Serge

Yasmina Reza

Yasmina Reza nous revient avec une fresque familiale magistralement écrite. Elle peint une galerie de personnages dont elle décrit les mesquineries, les doutes, les tiraillements, les attachements, les ombres tutélaires, les douleurs et les secrets. Rien n'est tranché, tout est nuancé, et le lecteur navigue au gré de la plume de cette auteure majeure, récompensée en 2016 par le prix Renaudot pour Babylone. Un opus incontournable dans l'œuvre de Yasmina Reza.

252 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 135x210

EXTRAIT
« Je ne sais pas ce qui a permis à notre fratrie de conserver cette connivence primitive, nous n'étions ni ressemblants ni tellement liés. Les fratries s'effilochent, se dispersent, ne sont plus unies que par un fin ruban sentimental ou conformiste. Je vois bien que Serge et Nana appartiennent depuis longtemps à l'humanité mature comme je suis censé y appartenir moi-même, mais cette perception est superficielle. Au fond de moi je suis toujours le garçon du milieu, Nana est toujours La Fille des parents, la chouchoute maniérée, mais aussi le second dans nos jeux de guerre, l'esclave, le prisonnier japonais, le traître qu'on poignarde – dans notre chambre, elle n'était jamais fille mais caporal ou martyr –, mon frère est toujours l'Aîné, meneur d'hommes avec jugulaire du casque pendante et sourire conjurateur de la mort. »

Extrait

« Je ne sais pas ce qui a permis à notre fratrie de conserver cette connivence primitive, nous n'étions ni ressemblants ni tellement liés. Les fratries s'effilochent, se dispersent, ne sont plus unies que par un fin ruban sentimental ou conformiste. Je vois bien que Serge et Nana appartiennent depuis longtemps à l'humanité mature comme je suis censé y appartenir moi-même, mais cette perception est superficielle. Au fond de moi je suis toujours le garçon du milieu, Nana est toujours La Fille des parents, la chouchoute maniérée, mais aussi le second dans nos jeux de guerre, l'esclave, le prisonnier japonais, le traître qu'on poignarde – dans notre chambre, elle n'était jamais fille mais caporal ou martyr –, mon frère est toujours l'Aîné, meneur d'hommes avec jugulaire du casque pendante et sourire conjurateur de la mort. »

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